Les chercheurs Markus et Kitayama ont écrit un article, publié en 1991 dans Psychological Review, portant sur la culture et le soi. Ils y expliquent que la conception du soi, des autres et la relation entre les deux influence la cognition, l’émotion et la motivation individuelles.
- Par exemple, on s’attend dans plusieurs cultures asiatiques à ce que l’individu se préoccupe des besoins des autres, essaie de s’intégrer au groupe et développe un sentiment d’appartenance envers lui qui favorise une interaction harmonieuse.
- Par contraste, la culture américaine incite les individus à maintenir leur indépendance face aux autres afin de découvrir les attributs qui leur sont propres et les exprimer.
En regardant le tableau qui suit, on s’aperçoit que beaucoup d’éléments diffèrent:
Markus et Kitayama – Les conceptions de soi (1991)
|
Le soi indépendant |
Le soi interdépendant |
Définition | Séparé du contexte social | Connecté au contexte social |
Structure | Limité, unitaire, stable | Flexible, variable |
Attributs importants | Interne, privés (capacités, pensées, sentiments) | Externe, publique (statuts, rôles, relations) |
Tâches et devoirs |
|
|
Rôle des autres | Auto-évaluation: comparaison sociale et évaluation réflective | Définition de soi: les relations avec autrui dans des contextes spécifiques définissent le soi |
Base de l’estime de soi | Capacité à exprimer le soi et valider les attributs internes | Capacité à ajuster et restreindre le soi, à maintenir l’harmonie du contexte |
Cela pourrait en partie expliquer les perceptions erronées qu’ont certaines personnes d’autres, provenant d’une culture différente de la leur.
Si l’on fait l’exercice de s’imaginer une confrontation entre un Chinois et un Américain typiques à partir des caractéristiques de la conception du soi indépendante et interdépendante, on pourrait arriver à de telles réflexions:
On peut constater que le soi indépendant et le soi interdépendant sont des concepts qui reposent sur des façons d’aborder le rapport aux autres qui varient énormément d’une culture à l’autre. Ainsi, sans aucune connaissance de ces différentes orientations, il devient facile de tomber dans des jugement rapides et réducteurs d’individus et de groupes culturels, en interprétant à partir de notre propre cadre des attitudes et comportements qui nous semblent étranges, illogiques ou incorrects. L’illustration ci-dessus nous donne une bonne idée de ce que pourrait penser ou dire une personne, qu’elle ait été formée à partir du modèle du soi indépendant ou bien à partir du modèle du soi interdépendant: mais combien l’autre se trompe, mais comme il ne sait pas vivre!
Pour en savoir plus sur le sujet, consultez l’article Culture and the Self: Implications for Cognition, Emotion, and Motivation de Hazel Rose Markus et Shinobu Kitayama en cliquant sur ce lien: Conceptions du soi de Markus et Kitayama.
[…] Les chercheurs Markus et Kitayama ont écrit un article, publié en 1991 dans Psychological Review, portant sur la culture et le soi. Ils y expliquent que la conception du soi, des autres et la relation entre les deux influence la cognition, l’émotion et la motivation individuelles. Par exemple, on s’attend … […]