Êtes-vous trop présent ou pas assez absent au travail?

chaisevide

La plupart des gens croient que rester au bureau tard démontre un dévouement envers son travail. En principe, les efforts supplémentaires déployés par un employé qui s’attarde au delà des heures régulières serait synonyme d’engagement, de souci du travail bien fait et d’endurance. Ce comportement pourrait en effet être le reflet d’un réel désir de contribuer au développement d’une entreprise; par contre, il peut aussi, même de façon inconsciente, soutenir l’attente d’une certaine reconnaissance ou récompense de la part de l’employeur. En outre, l’étirement de la durée d’une journée de travail ne rime pas toujours avec augmentation de la productivité.

Le respect d’un horaire strict ou son dépassement est souvent déterminé par le contexte de l’entreprise: si tout le monde reste jusqu’à 19h, il sera plus difficile pour un travailleur de partir à 17h. Cette tendance au présentéisme ou a l’absentéisme est aussi influencée par la culture, tel que présenté dans l’article « Présentéisme : une question d’honneur au Japon, un manque d’efficacité en Scandinavie »

Voici ici un résumé des conclusions de l’article. Malgré ses généralisations, il peut donner de bonnes indications sur les habitudes de travail d’un pays et s’avérer utile pour un gestionnaire qui interagit avec des partenaires commerciaux internationaux.

  • France: L’heure du lunch y est beaucoup plus longue qu’en Amérique du Nord, mais demande à l’employé de compenser en restant au bureau jusqu’à très tard le soir. Par ailleurs, ces heures supplémentaires sont-elles vraiment exclusivement dédiées au travail?
  • Angleterre: En faire plus que ses collègues n’y est pas très bien vu, et « l’attitude de ceux qui feraient acte de présence au bureau pour se faire bien voir » est affublée du titre de competitive presenteism.
  • Japon: selon L’Organisation internationale du travail, presqu’un tiers des Japonais travaillerait plus de 50 heures par semaine. Le surmenage semblerait y être considéré comme normal, mais il pèse lourd sur la santé et peut même mener, dans certains cas extrèmes, jusqu’à la mort.
  • Pays scandinaves:  Le souci de l’équilibre entre la vie professionnelle et familiale imprègne la culture et « faire des journées à rallonge est mal perçu ». Ce qui ailleurs est encouragé et conçu comme un comportement désirable est ici vu comme un manque d’organisation et d’efficacité. Comment se fait-il que l’employé n’a pas réussi a accomplir ses tâches dans un temps normal?

montre retard patron

Différentes perceptions d’un comportement jugé désirable ou à éviter, dépendamment de la culture en vigueur dans un pays ou une entreprise donnée. Et vous, comment voyez-vous les choses? Les Québécois sont-ils bien vus ou mal vus s’ils font des heures supplémentaires, par leurs collègues et par leur employeur?