Est-ce que le port du voile, hijab, tchador, burqa, niqab signifie nécessairement une soumission à l’homme? Est-ce que ces signes religieux sous-entendent la supériorité de l’homme sur la femme? Le jugement d’une situation à partir de ses propres critères culturels est un signe d’ethnocentrisme, c’est-à-dire qu’il émane d’une tendance naturelle à privilégier les valeurs et pratiques de son propre groupe ethnique.

Sans doute, le port du voile religieux peut être imposé à la femme contre son gré et restreindre sa liberté; toutefois, en supposant de façon unilatérale que les femmes qui le portent sont automatiquement des êtres subordonnés aux prescriptions de leur mari, père ou frère, on leur nie le pouvoir d’avoir elles-mêmes réfléchi et pris une décision en regard de leurs propres convictions, soient-elles religieuses, culturelles, sociales ou personnelles.

Voici l’exemple d’un point de vue différent sur la supposée émancipation des femmes occidentales comparée à celle des musulmanes :

mernissi

« À Téhéran, si vous ne mettez pas de tchador, un policier vous rappelle à l’ordre. En Occident, la terreur est plus immatérielle. Il suffit de faire circuler des images pour que les femmes s’épuisent à leur ressembler. Tout va bien si vous rentrez dans du 38. Sinon, vous n’êtes pas dans la norme et vous ne pouvez même pas vous révolter. C’est surréaliste, comme type de violence. Les musulmanes jeûnent un mois par an ; les Occidentales, c’est toute l’année ! »

Propos de Fatema Merniss, sociologue marocaine, recueillis par Valérie Colin-Simard.

Pour en savoir plus sur le point de vue de Mme Merniss, vous pouvez consulter le texte intitulé Fatema Mernissi: Seules les musulmanes persécutées intéressent l’Occident, publié en août 2013 sur le site de l’Institut Tunisien des Relations Internationales

Bonne lecture!